Iode (utilisation thérapeutique et intoxication)

Définition 

L'iode (nom masculin) est un élément chimique nécessaire à la synthèse des hormones de la glande thyroïde. L'iode est également utilisé en médecine pour ses propriétés antiseptiques. Il existe des risques d'allergie (vidéo sur les allergies) à l'iode dont le médecin doit tenir compte. Pour cela il s'informera des antécédents du patient et si nécessaire prescrira un traitement antiallergique en cas de doute.

L'organisme utilise l'iode dont il a besoin sous la forme de sels minéraux c'est-à-dire de iodure. Ces sels minéraux proviennent de l'alimentation et en particulier de l'eau. Les produits de la mer et le sel ( chlorure de sodium) sont une source importante d'iode pour l'organisme humain.

Les besoins de l'organisme en iode sont compris entre 100 et 300 µg par jour. Afin de prévenir le goitre endémique (voir endémie) faisant suite à une carence en iode, il est ajouté de l'iode au sel de cuisine selon les pays, 5 à 76 µg d'iode par gramme de sel de cuisine.
Les aliments riches en iode sont les poissons et fruits de mer. La grande majorité des fruits et des légumes contiennent des traces d'iode.

La thyroïde capte les iodures puisés puis les métabolite (les transforme) c'est-à-dire les utilise afin de synthétiser des hormones thyroïdiennes.

Les carences en iode (manque d'iode) n'existent presque plus, en tout cas en ce qui concerne les pays développés. Ceci est le résultat des apports alimentaires normaux et surtout de l'enrichissement artificiel du sel de table par l'iode.

Il existe encore, dans certaines régions et dans certains pays éloignés de la mer (source très importante d'iode) des carences en iode.

Les carences en iode se traduisent par l'apparition d'un goitre c'est-à-dire d'une augmentation de volume de la thyroïde. L' hypothyroïdie c'est-à-dire l'insuffisance d'hormone thyroïdienne dans l'organisme peut également être un symptôme de carence en iode. Ceci risque d'aboutir à l'apparition d'un retard mental chez l'enfant.

L'iode utilisé comme antiseptique se fait sous la forme de polyvidone iodée (Bétadine) en solution (surtout sous la forme de teinture d'iode), en pommade et en ovule gynécologique. Ce médicament est particulièrement actif pour lutter contre les germes (candidose les bactéries).
Il est utilisé pour désinfecter également le matériel médical et pour servir d'antisepsie des plis cutanés ou de la peau avant une intervention chirurgicale, une injection (voir la vidéo sur les injections).
La polyvidone iodé est également utilisé pour lutter contre les infections et les inflammations des muqueuses.
Il existe des contre-indications à l'utilisation de la polyvidone iodé il s'agit des nourrissons, de la grossesse et de l'association avec d'autres antiseptiques contenant du mercure (mercurobutol).

Les effets indésirables de l'iode sont avant tout les allergies, la coloration anormale de la peau et quelquefois le risque de causticité (destruction locale de la peau). Ces allergies peuvent être quelquefois graves et entraîner un choc anaphylactique.
L'iode peut également être dangereuse pour le tube digestif surtout quand elle est absorbée en quantité très importante. Dans ce cas on voit apparaître des nausées et des vomissements entre autres.
L'appareil urinaire est susceptible d'être sensibilisé par l'absorption d'iode. Cela se traduit quelquefois par une anurie c'est-à-dire un arrêt de la sécrétion des urines pouvant être très dangereuse et entraîner une évolution péjorative voir le décès du patient. Une insuffisance rénale peut également survenir à la suite d'absorptions d'iode.

L'application trop fréquente ou trop étendue de polyvidone iodé risque d'avoir des répercussions sur le fonctionnement normal de la glande thyroïde.

L'iode est également utilisé en usage interne, en radiologie tout particulièrement, sous la forme de produit de contraste iodé afin de permettre de voir mieux certaines zones anatomiques du corps en rendant celle-ci opaque aux rayons X.

Les solutés de Lugol qui est une solution iodo-iodurée sont quelquefois prescrites pour traiter certaines hyperthyroïdies surtout quand  celles-ci sont graves.

Certains médicaments comme l'amiodarone contient également de l'iode.

Les quantités d'iode dans le sérum c'est-à-dire la partie liquidienne du sang sont :
260-820 nanomoles par litre soit 33-104 µg par litre.

Les quantités d'iode dans les urines sont :
790-2360 nanomoles par 24 heures soit 100-300 µg par 24 heures

Nanomoles X 0,127 = microgrammes microgramme X 7,87 = nanomoles

La toxicité de l'iode devient dangereuse à partir de 2 g.
Les doses toxiques de la teinture d'iode apparaissent à partir de 15 g.

En cas d'ingestion de teinture d'iode ou de solutions analogues on constate apparition de brûlures douloureuses de la bouche suivie de douleurs abdominales, de diarrhée contenant du sang, de vomissements, d'états de choc, quelquefois d'hémolyse ou d'oedème du larynx. L'évolution se fait parfois vers l'apparition de séquelles de l'oesophage à type de construction c'est-à-dire de resserrement de celui-ci (constriction esophagienne).

Le traitement de l'intoxication par l'iode est le suivant :

Le lavage de l'estomac est contre-indiqué.

Il est nécessaire d'administrer du lait, une solution d'amidon à raison de 15 à 20 g dans 500 ml d'eau, et du thiosulfate de sodium par voie orale (100 ml de solution à 1 %).

L'hospitalisation en service de réanimation permettra de corriger les troubles électrolytiques et de prévenir les strictures (resserrement) de l'oesophage ou si l'on préfère les constrictions de celui-ci (acide fort).

D'autre part l'iode peut également présenter une toxicité chronique (iodisme). Cette intoxication chronique est le résultat d'apport quotidien d'iode> 2 mg par jour. Ceci entraîne une utilisation trop important de l'iode par la glande thyroïde (captation accrue) qui aboutit à l'arrêt de la formation de l'iode de l'organisme et à la formation d'un goitre hypothyroïdien c'est-à-dire par insuffisance d'hormone thyroïdienne.

2 commentaires pour "Iode (utilisation thérapeutique et intoxication)"

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Cet article est intéressant mais je suis sceptique quant aux doses toxiques mentionnées, qui viennent contredire une étude scientifique réalisée aux États-unis en 2007 par les Drs Abraham, Brownstein et Flechas.

En effet ces docteurs avancent le fait que 95% de la population mondiale sont carencés en iode et que les AJR proposés par toutes les institutions médicales mondiales, dont l'OMS, sont très en-deçà des doses réellement nécessaires pour lutter contre l'hypo ou hyperthyroïdie, le cancer, le retard mental du nourrisson et l'intoxication aux métaux lourds.

Ces Drs proposent ainsi une dose quotidienne d'entretien de 12 mg/j, et en phase de cure détoxication entre 50 et 100 mg/j pendant 3 semaines.

Comment expliquez-vous ces différences ?

Portrait de Samuel75
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D'autre part, vos informations concernant les allergies liées à l'iode, sont tout simplement fausses.

En effet, il existe aujourd'hui divers type de cas amenant certaines personnes à soupçonner une allergie à l'iode.

Certaines personnes peuvent être allergiques à certains produits contenant de l'iode, comme par exemple au produit contrastant injecté pour des examens de radiologie ou encore certains fruits de mer. Il s'est donc répandu l'idée que l'on pouvait être allergique à l'iode. Ceci est parfaitement impossible. Les produits susceptibles d'induire une "allergie à l'iode" contiennent tous de l'iode, mais ce sont des substances différentes qui interviennent dans le cas de l'allergie.

Pour la Bétadine, c'est la povidone iodée (le véhicule de l'iode) qui est responsable, pour les produits de contraste iodés, l'osmolalité est mise en cause, et pour les produits de la mer (poissons et crustacés) ce sont des protéines musculaires. Il n'existe donc aucune réaction croisée ni de facteurs de risques. De plus, il n'y a aucune allergie rapportée dans le cas d'utilisation de solution alcoolique ou aqueuse d'iode (solution de Lugol, teinture d'iode, ...).

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