Grossesse et sida

Définition 

Une femme atteint du sida peut avoir une grossesse grâce à la procréation médicale assistée. Néanmoins le risque de contamination du partenaire ou de l'enfant est relativement important. Il existe une technique qui se pratique dans certains centres hospitaliers français et qui consiste à procéder à une procréation médicalement assistée (PMA), pouvant venir en aide à ce type de problème. Le terme sérodiscordant, utilisé par la suite dans ce texte, désigne un couple dans lequel un seul des partenaires est séropositif. Le terme séropositif désigne un individu (homme ou femme ou enfant) infecté par le virus de l'immunodéficience humaine (sida). Cela signifie que son sérum contient des virus du VIH (virus du sida).

Généralités 

Pour comprendre les risques inhérents à cette situation il nécessaire d'avoir en-tête qui liste deux types de transmission du virus du sida (virus de l'immunodéficience humaine) :
La transmission horizontale qui correspond la transmission du virus entre les partenaires.
La transmission verticale qui correspond à la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant.

Un couple désirant avoir un enfant et dont l'un des partenaires est séropositif est confronté au risque de transmission horizontale et verticale du virus. Certaines conditions doivent tout de même être respectées dans le cadre de la procréation médicale assistée, sans quoi il est impossible, dans l'immédiat, d'envisager un tel projet. Ces conditions sont les suivantes.

  • Il est demandé au couple d'avoir une vie commune stable depuis au moins deux ans.
  • Il est demandé au couple d'avoir une maîtrise médicale de l'infection.
  • Il est demandé au couple d'avoir suivi psychologique.

Selon qu'il s'agisse de la femme, de l'homme ou des deux partenaires séropositifs, la prise en charge est différente. Nous allons envisager plusieurs cas de figure.

  • 1) Quand la femme est séropositive la prévention de la transmission du sida au partenaire ne rentre pas obligatoirement dans le cadre de la procréation médicalement assistée. Dans ce cas les techniques de fécondation artificielle sont également envisageables. Il est possible par exemple de procéder à des auto-insémination par recueillement du liquide spermatique (le sperme) dans un récipient ou à l'intérieur d'un préservatif (non muni de spermicide). Ensuite, le sperme est réinjecté au fond du vagin en utilisant une seringue ou une pipette en plastique.
  • 2) Le deuxième cas de figure, le plus fréquent, est celui d'un homme (sida-) séropositif. Au cours de cette éventualité le risque de contamination de la partenaire est élevé. Dans ces conditions il faut tout d'abord procéder à la sélection d'une fraction de sperme à l'intérieur de laquelle le virus n'est pas détecté. Ensuite il est quelquefois nécessaire de modifier le traitement antiviral (pour lutter contre le virus du sida) pour abaisser le plus possible la charge virale. La charge virale est le nombre des virus, les spécialistes parlent de copies du virus, à l'intérieur d'un 1 ml de sang. C'est la raison pour laquelle il est quelquefois nécessaire de modifier le traitement c'est-à-dire de changer de médicaments antiviraux (pour lutter contre l'infection par les virus du sida).
  • 3) Le troisième cas de figure est celui d'une éventualité de la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant. Une autre problématique est celui de la toxicité des médicaments antiviraux sur le fœtus. La question posée et l'objectif à atteindre par les infectiologues (spécialistes des infections) spécialistes du VIH en association avec les équipes obstétricales (composées de spécialistes de la grossesse) est de choisir le bon médicament et le moins délétère (dangereux) possible. Jusqu'à une période relativement récente il était proposé systématiquement à la maman de procéder à une césarienne en fin de grossesse. Il est possible, de nos jours, à condition que le traitement soit bien suivi, de procéder à un accouchement par voie naturelle (accouchement normal). Chez certaines personnes ne procède à un renforcement du traitement pour traiter le sida (AZT) pendant six semaines. Toujours dans le cadre du risque de transmission de du virus du sida de la mère à l'enfant, il persiste plusieurs ombres tableau dont celui de l'allaitement. En effet, il existe un risque de contamination non négligeable (environ 20 %), risque abaissé très nettement depuis les nouveaux traitements antiviraux adaptés. Néanmoins la transparence sur l'effet toxique de certains médicaments antiviraux n'est pas totale. Autrement dit à long terme les médicaments utilisés pour lutter contre le sida sur la grossesse ne sont pas totalement dénués d'effets secondaires sur le bébé.
  • 4) Le quatrième cas de figure est celui de couple dont les deux partenaires sont séropositifs. Dans ce cas la procréation médicalement assistée est également possible. Les paramètres de prise en charge sont identiques aux précédentes.
  • 5) Le cinquième cas de figure concerne les individus infectés par le virus de l'hépatite C et par le virus du sida. En l'occurence, en cas de coinfection (les deux infections à la fois), il est nécessaire d'effectuer un test de recherche du virus de l'hépatite C dans le sperme. Le plus souvent la charge virale (nombre de copies) du virus n'est pas détectable à l'intérieur du liquide séminal chez environ 75 % des hommes. Dans les autres car il est nécessaire de tenter d'isoler une portion du liquide séminal ne contenant aucun virus.
  • 6) Le sixième cas de figure concerne une éventuelle infection par l'hépatite B. Dans ce cas il faut vacciner systématiquement l'un des deux partenaires ou les deux partenaires qui ne sont pas infectés. Il est nécessaire de savoir que les établissements qui prennent en charge les procréations médicales assistées ne le font pas quand il existe une coinfection c'est-à-dire une infection simultanée par le virus de l'hépatite B et par le virus de l'immunodéficience humaine (sida).

Épidémiologie 

Le terme coinfection désigne une infection simultanée d'un organisme (chez le même individu) par plusieurs germes.
Par exemple le virus du sida et le virus de l'hépatite C peuvent, de façon simultanée (en 20 ans) infecter le même individu.

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