Amaigrissement

Définition 

Perte de poids supérieure à 5 % du poids corporel habituel.

Généralités 

Le corps médical considère qu'une perte de poids non occasionnée par un régime alimentaire volontaire est plus grave qu'une prise de poids, car elle peut traduire une pathologie organique (réelle).La perte de poids pathologique s'explique par une diminution des apports alimentaires, une perte des calories qui s'éliminent par l'intermédiaire des urines et des selles, une accélération du fonctionnement normal de l'organisme (métabolisme).N'importe quelle pathologie est susceptible d'entraîner une perte de poids, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un retentissement secondaire à la maladie causale entraînant un syndrome dépressif.

Physiopathologie 

Le processus physiologique à l'origine d'un amaigrissement n'est pas complètement connu. Sur le plan hormonal, le glucagon semble intervenir. Il s'agit d'une hormone sécrétée par le pancréas, qui permet d'augmenter la glycémie (quantité de sucre dans le sang) et favorise la lipolyse (destruction des corps gras). La sécrétion de glucagon est déclenchée quand la glycémie diminue. Quand la quantité de glucagon dans le sang est suffisante, il agit sur les cellules du foie en favorisant la libération de glucides (sucres) mis en réserve dans cet organe sous forme de glycogène (très longue chaîne de molécules de glucose associées). Le glycogène est alors métabolisé (transformé) en glucose et fait remonter le taux de sucre dans le sang (glycémie). Celui-ci est maintenu constant grâce à l'intervention de l'insuline (hormone hypoglycémiante, également sécrétée par le pancréas) qui joue l'effet contraire (antagoniste) du glucagon. En dehors du glucagon, il existe d'autres facteurs comme les cytokines, la cachectine (hormone s'opposant à l'accumulation des lipides) et l'adipsine. L'adipsie est la propension naturelle rencontrée chez certains malades, pouvant rester un certain temps (allant jusqu'à plusieurs semaines) sans éprouver le besoin de boire.

Causes 

Malnutrition ou la dénutrition (famine)Jeûne prolongé Traitement de l'obésité mal adapté Le cancer est probablement la cause d'amaigrissement la plus fréquente. Le plus souvent, ce cancer réside au niveau du tube digestif. Il semble que le tumor nécrosis facteur alpha joue un rôle prépondérant dans la survenue de cet amaigrissement.L'anorexie mentale fait partie des causes psychologiques à l'origine d'un amaigrissement très important. D'autres causes psychologiques comme la dépression, la schizophrénie ou une certaine forme d'hystérie peuvent également être à l'origine d'un amaigrissement, généralement dû à une diminution des prises alimentaires, le syndrome dépressif touchant particulièrement les personnes âgées.L'hyperthyroïdie (augmentation du taux de l'hormone thyroïdienne dans le sang) est parfois à l'origine d'une perte de poids. Cette pathologie se caractérise par une augmentation de l'appétit et des apports alimentaires ciblés essentiellement sur les hydrates de carbone (sucre). Chez ces patients, l'activité motrice (mouvements) est énorme. Elle s'accompagne d'autre part d'une déperdition de chaleur très importante. L'hypothyroïdie est à l'origine d'un myxœdème (infiltration des tissus par de l'eau, sécheresse de la peau, troubles intellectuels plus ou moins marqués, arrêt du développement, troubles gynécologiques). Il existe une forme d'hyperthyroïdie appelée apathique se caractérisant par une perte de poids accompagnée d'une asthénie (fatigue importante) mais également d'un défaut de nervosité.Le diabète sucré (élévation du taux de sucre dans le sang = hyperglycémie) entraîne une perte d'eau, et quand il s'agit d'un diabète insulinodépendant (nécessitant de l'insuline pour être traité), il entraîne une perte de tissus de l'organisme due à une dépense de calories provoquée par un mauvais fonctionnement de l'organisme d'origine hormonale entre autres (excès d'insuline et de glucagon, hormones fabriquées par le pancréas) qui sont à l'origine d'une mauvaise fabrication des protéines et des graisses mais également d'une accélération de la destruction des lipides (graisses) dans l'organisme. L'amaigrissement occasionné par le diabète s'accompagne généralement d'une augmentation des apports alimentaires.L'insuffisance surrénalienne (insuffisance de sécrétion de l'hormone surrénale), appelée maladie d'Addison, est à l'origine d'une anorexie (perte de l'appétit) due à l'insuffisance de sécrétion du cortisol (corticoïde naturel).L'hypopituitarisme (diminution de fonctionnement de l'hypophyse, glande chef d'orchestre des autres glandes l'organisme) : sa symptomatologie (ensemble des symptômes) est riche etcorrespond au dérèglement de chacune des hormones.Le phéochromocytome, tumeur rare, le plus souvent bénigne, située au niveau des glandes surrénales (situées sur chaque rein) et de la chaîne sympathique (chaîne de ganglions nerveux située de chaque côté de la colonne vertébrale) est à l'origine d'une fabrication et d'une libération de catécholamines (adrénaline, noradrénaline) entraînant parfois un amaigrissement.L'insuffisance rénale est parfois à l'origine d'une perte de poids. Pour cette raison, devant un amaigrissement inexpliqué, il est nécessaire d'effectuer un bilan biologique (analyse d'urine, de sang, en recherchant le taux d'acide urique, d'urée et de potassium entre autres).Une infection, et particulièrement la tuberculose, une affection fongique (infection par un champignon) ou une amibiase, peuvent être à l'origine d'un amaigrissement. Le virus du sida peut également être suspecté, surtout quand il existe un contexte particulier (toxicomanie, homosexualité, transfusions, etc...)Un syndrome de malabsorption (ensemble de perturbations à l'origine d'une mauvaise assimilation des nutriments provenant de la nourriture), dont les causes sont nombreuses. Généralement, il s'accompagne de stéatorrées (présence de corps gras dans les selles qui traduit une rétention des graisses) avec douleurs abdominales et de météorisme (présence de gaz dans l'intestin, entraînant un gonflement de celui-ci).La fièvre, de toutes origines, par l'augmentation de la température du corps qu'elle provoque, entraîne un catabolisme (réaction biochimique de dégradation des molécules du corps) et une production de chaleur. La déshydratation qui accompagne la fièvre facilite également cette perte de poids.Une croissance rapide, une anémie importante comme l'anémie de Biermer (carence en vitamine B 12) sont susceptibles d'entraîner un amaigrissement.Une lésion buccale ou pharyngée, susceptible d'entraver la déglutition (fait d'avaler) peut entraîner un amaigrissement.Une pathologie du système nerveux (sclérose latérale amyotrophique, syringomyélie, atteintes usculaires diverses, accident vasculaire cérébral) peuvent être à l'origine d'une perte de poids.Les atteintes hépatiques (hépatique, cirrhose).L'utilisation de certains médicaments tels que les laxatifs entre autres.En conclusion, quand l'amaigrissement s'accompagne d'une augmentation d'absorption de nourriture, il faut s'orienter plus particulièrement vers un diabète, un dérèglement hormonal ou une malabsorption. Lorsque l'appétit est normal, voire diminué, toutes les autres causes citées ci-dessus peuvent être envisagées.

Bibliographie 

BliblioWilber F ; Neuropeptides, appeite regulation, and human obesity. JAMA 266 :257, 1991Vademecum clinique FattorussoV, RITTER O., édition 1995 pg 1068

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