LA JALOUSIE D'APRÈS FREUD
Selon Freud à côté de la jalousie habituelle, le psychanalyste identifie une jalousie pathologique qui devient une passion dangereuse teintée de sentiment d'abandon, aboutissant à plus ou moins long terme, à un état de despotisme mêlant amour et haine chez l'autre.
Pour Freud il existerait trois formes de jalousie dont la complexité serait croissante.
En premier la jalousie concurrentielle serait ressentie après avoir été trompé par le ou la partenaire sexuelle entre autres. L'état affectif de la personne trompée est alors teinté d'humiliation, de douleur, d'angoisse, de blessure narcissique, de frustrations, et surtout d'hostilité envers l'autre c'est-à-dire le rival. Il s'agit d'une forme de jalousie généralement fréquente qui ne pourra être « digérée » que par un travail de deuil jusqu'à obtention, quand c'est possible, d'un équilibre psychologique : la guérison mentale. Bien entendu ceci passe par l'acceptation (avec éventuellement une référence au pardon) qu'il est impossible pour certains à cause d'une attention négative sur celui qui devient le concurrent, le rival alors qu'il était l'être aimé avec lequel parfois on avait fusionné. La thérapie réussie passe par l'aveu, la reconnaissance de ne pas avoir su se poser les bonnes questions, adopter les bonnes attitudes avant et après la relation, de manière à pouvoir reconstruire d'éventuelles fondations saines en vue d'un rétablissement futur. La reconstruction d'une autre histoire d'amour passe donc par la méditation, le mûrissement et l'assimilation de l'épisode douloureux.
La deuxième forme de jalousie est la jalousie projetée, particulièrement fréquente et se caractérisant par le soupçon que le jaloux porte sur l'autre étant lui-même infidèle ou ayant des instincts, des tendances, des pulsions d'infidélité qu'il réprime, qu'il n'accepte pas, qu'il refoule.
La jalousie délirante est, d'après Freud, la troisième forme de jalousie correspondant à une tentative intense pour se défendre contre une sorte d'homosexualité refoulée (cas du président Schreber en 1911). Cette forme de jalousie délirante serait attachée au complexe d'Oedipe et relèverait d'un état psychopathologique sévère pouvant aller jusqu'à la paranoïa.