En grève depuis le 16 octobre, les  sages-femmes ont-elle été entendues par le Ministère de la Santé ?

Un nouveau statut pour les sages-femmes

Les faits
La fonction publique hospitalière considère le métier de sage-femme comme une profession para-médicale (comme les infirmières par exemple) et non médicale (comme les médecins).

Pourtant, pour obtenir le diplôme de sage-femme, il faut réussir le Paces (1ère année commune à toutes les études de santé - médecine, dentaire, pharmacie, ... - et dont le taux d'échec est de plus de 70%), puis suivre une formation jusqu'à l'obtention d'un bac + 5. Ce cursus rend la sage-femme compétente pour le suivi de la grossesse physiologique (consultation de grossesse, préparation à l'accouchement, accouchement, rééducation du périnée, visite post-natale), mais aussi pour le suivi gynécologique et la prescription de contraception.

Les revendications des sages-femmes
De nombreuses sages-femmes réclament aujourd'hui le statut de praticien hospitalier, qui leur permettrait d'être reconnues dans leurs compétences et mieux rémunérées. Cela pourrait passer par la création d'une filière maïeutique indépendante. 
Ce nouveau statut devrait aussi leur donner plus d'indépendance et leur permettre de sortir de la fonction publique.

Elle sont donc depuis le mois d'octobre en grève "partielle" pour ne pas gêner le bon fonctionnement des maternités : elles assurent toujours les accouchements mais plus le suivi des grossesses. Certaines pratiquent la "grève du zèle" en se cantonnant aux actes qui leur sont spécifiquement dédiés et en exigeant l'intervention d'un médecin pour tous les autres.

Si de nombreux médecins soutiennent leur démarche, des syndicats de praticiens hospitaliers et de fonctionnaires y sont hostiles.

Pourtant, dès 2011, un rapport de la Cour des comptes soulignait qu'il  était nécessaire de faire "[...] encore davantage des sages-femmes des professionnelles de premier recours pour le suivi des femmes en bonne santé", d'autant que le taux de mortalité maternelle s'est aggravé entre 1999 et 2009.

Que va  changer le nouveau statut annoncé aujourd'hui par Marisol Touraine, Ministre de la Santé ?
Les sages-femmes auront le statut de praticien hospitalier mais elles resteront dans la fonction publique : «Les compétences des sages-femmes seront désormais identifiées et reconnues comme médicales sans aucune ambiguïté, il s'agit d'une rupture totale avec le passé puisque leur profession n'est plus paramédicale» a dit la Ministre. 
La rémunération des étudiants sages-femmes (maïeutique) sera alignée sur celle des étudiants en médecine.

La grève continue
Cependant, les sages-femmes ne sont pas satisfaites, voire très en colère, par ce compromis qui a laissé de côté leur revendication de pouvoir pratiquer plus librement hors de la fonction publique, comme le font les médecins.

Un changement de statut qui devrait aussi changer leur image dans le grand public
Les sages-femmes sont des professionnelles de la santé hyper-spécialisées dans leur domaine, notamment le suivi de grossesse et l'accouchement : cette notion n'est peut-être pas évidente pour certaines femmes enceintes ou parturientes, qui peuvent parfois penser à tort qu'elles ne sont que les assistantes des obstétriciens. Il faut mieux faire connaître ce métier et les femmes doivent savoir qu'elles peuvent en toute confiance consulter un(e) sage-femme pour leur suivi gynécologique ou lors d'une grossesse.

 

 

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