Contaminé au Mali, l'homme atteint de la rage était en réanimation dans un hôpital d'Île de France.

Un homme est mort de la rage hier en Île de France

La rage humaine est très rare en France métropolitaine. Aucun cas n'avait été déclaré depuis 2003, et aucune contamination n'avait eu lieu sur le territoire français depuis 1924.
Un cas probablement dû à une morsure de chauve-souris avait été signalé en Guyane en 2008.

Mais la rage n'est pas éradiquée de tous les pays, et elle est endémique (c'est-à-dire qu'elle sévit en permanence) en Afrique et en Asie, où d'après l'OMS, elle tue chaque année 55.000 personnes.
Entre 1970 et 2005, une vingtaine de personnes contaminées à l'étranger ont été enregistrées en France (source Institut de Veille Sanitaire).

Selon l'Institut Pasteur, "en 20 ans, le nombre de traitements après exposition chez des voyageurs mordus en zone d'endémie a plus que doublé". 

La contamination
La rage se transmet généralement par contact avec un animal infecté, le plus souvent un chien, mais aussi une chauve-souris, un renard, ... La contamination se fait souvent par morsure, mais aussi par léchage sur une peau écorchée ou sur une muqueuse : le virus de la rage, qui appartient au genre Lyssavirus, est en effet présent dans la salive de l'animal en fin de maladie.
La rage peut exceptionnellement se transmettre d'homme à homme. 

Les symptômes de la rage
Le virus de la rage agit sur le système nerveux et perturbe les neurones (on dit qu'il est neurotrope) sans provoquer de lésions visibles sur le cerveau.
L'incubation dure de quelques jours à quelques mois au bout desquels la personne atteinte commence à présenter des signes d'encéphalite (inflammation de l'encéphale, c'est à dire du cerveau).
Les premiers symptômes sont le plus souvent une dysphagie (difficulté à avaler) associée à divers troubles neuropsychiatriques, notamment l'agitation et l'anxiété.
On note parfois une hydrophobie (peur irraisonnée de l'eau).
En quelques jours, ou quelques semaines, l'évolution de la maladie se fait vers le coma, puis la mort.
La rage est toujours mortelle, généralement par arrêt respiratoire, si aucun traitement n'est administré dès la contamination.

Le traitement de la rage

  • La 1ère phase du traitement n'est pas spécifique de la rage :
    • nettoyage des plaies
    • antibiothérapie
    • prophylaxie antitétanique (prévention contre le tétanos)
  • Elle est suivie d'un traitement spécifique :
    • vaccination, avec dans certains cas une sérothérapie antirabique : 4 ou 5 injections intramusculaires réparties sur 1 mois.

Le traitement doit être mis en place le plus rapidement possible après l'exposition au virus de la rage, et avant l'apparition des premiers symptômes : il est trop tard pour appliquer le traitement dès lors que les symptômes de la maladie apparaissent, et l'issue est alors toujours fatale.

C'est pourquoi le traitement est mis en route au moindre doute de contamination, en application du principe de précaution. Les personnes qui sont traitées ne sont donc pas toutes contaminées de façon certaine, mais elles ont été exposées au virus.

Chaque année, en France, plusieurs centaines de personnes reçoivent un traitement antirabique de précaution en cas de morsure par un animal suspect. On en compte 17 millions dans le monde.

Dans le cas de l'homme qui vient de décéder, toutes les personnes ayant été en contact avec lui ont été identifiées et informées.
Le Ministère de la Santé précise que "bien qu'aucun cas de transmission interhumaine directe n'ait été constaté, le personnel soignant et la famille proche ont été pris en charge et dirigés vers un centre antirabique pour évaluer la pertinence d'une vaccination".

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La rage en France en 2011 (Institut Pasteur)
Les recherches sur la rage de l'Institut Pasteur

Illustration
Virus de la rage en microscopie électronique - Copyright Institut Pasteur

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