Les débuts de la maladie (qui ont lieu vers 40 à 50 ans) sont insidieux, à tel point que les troubles sont parfois notés uniquement par l'entourage du patient.

Le début de la maladie est, le plus souvent, insidieux et se fait généralement vers cinquante-cinq ans. En réalité, il peut survenir à n'importe quel âge mais rarement avant 40 ans ou après 75 ans : on a constaté dans environ 5 % des cas les débuts de la maladie entre 20 et 40 ans comparables à la maladie de Parkinson décrite chez des personnes plus âgées.
Le plus souvent sans raison apparente, parfois suite à un stress (troubles affectifs, traumatisme, intervention chirurgicale, …).
La perte ou la réduction des mouvements automatiques, tels que l'absence de balancement des bras au moment de la marche, est quelquefois un signe précoce de survenue de maladie de Parkinson. Ceci est la description classique. En réalité, généralement, ce n'est qu'après des années d'évolution qu’un symptôme ou un autre se révèle alors qu'il existe déjà depuis plusieurs années. Il peut s'agir entre autres des difficultés pour une personne à se servir de ses mains pour effectuer des gestes fins, ce qu’elle faisait habituellement facilement. Ce peut-être le cas d'un sportif ou d'un bricoleur habitué à utiliser de petits outils, ce qu’il peut de moins en moins faire.
Quelquefois, c'est la voix qui progressivement diminue.
Il est possible de remarquer parfois chez un proche une modification de l'attitude des gestes, le fléchissement d'un bras, le positionnement d'une main, la raideur d'une jambe qui traîne, etc... mais ceux-ci ne sont pas des symptômes typiques qui permettent d'emblée de poser le diagnostic de maladie de Parkinson.
Pour certains patients, le début de cette maladie se traduit simplement par une sensation de fatigue, une perte globale d'énergie, une fatigue physique qui est quelquefois confondue avec une fibromyalgie entre autres parce que ces symptômes s'accompagnant de troubles du sommeil et de la mémoire par exemple.
L'amaigrissement a également été signalé comme un des premiers symptômes de la maladie de Parkinson, associé ou pas avec une dépression, une perte de l'orbital etc... La dépression, pour ne pas être prise comme un symptôme de maladie de Parkinson, doit être analysée dans le sens suivant. Elle survient généralement chez une personne de 50 à 60 ans qui jusque-là ne présentait aucun trouble de ce type.
Répétons-le, ces symptômes ne sont pas suffisants pour poser avec certitude le diagnostic de maladie de Parkinson.
Certains symptômes peuvent quant à eux orienter de façon plus certaine vers une maladie de Parkinson. Il peut s'agir par exemple d'un membre engourdi, d'une douleur dans une articulation alors que les examens complémentaires comme la radiographie et les prises de sang ne montrent aucune inflammation par exemple.
Certains mouvements qui sont habituellement répétitifs comme frotter une table, faire sa toilette, s'essuyer, et qui deviennent plus difficiles, entraînant plus de fatigue, sont en faveur d'un début de maladie de Parkinson. Plus précisément, c‘est l’effort qui est demandé à une personne pour effectuer un mouvement, qui peut mettre la puce à l'oreille d’un praticien. Si on considère que pour effectuer un mouvement il est habituellement inutile de se concentrer auparavant et de demander à son corps un effort supplémentaire, il est dans ce cas, envisageable de poser le diagnostic de maladie de Parkinson.
Vient ensuite le tremblement. Souvent, au début, celui-ci n'est pas remarqué par l'entourage. En effet, il s'agit généralement d'un simple petit frémissement qui n'est pas très visible. Et si on observe minutieusement certains mouvements et en particulier ceux de grande amplitude, il est possible de mettre en évidence une perte de la fluidité de ces mouvements qui apparaissent comme irréguliers et hachés. Les tremblements, pour orienter le diagnostic vers une maladie de Parkinson, doivent survenir au repos, autrement dit quand le patient ne se sert pas du membre qui est examiné.
Une autre manière d'orienter le diagnostic est la survenue des premiers symptômes que parfois le patient est capable de dater avec précision. Prenons par exemple cet homme de 55 ans qui, à la date du 16 février 1999, alors qu'il devait effectuer un discours dans le cadre d'une réunion syndicale, a subitement été pris de tremblement. Si on demande à ce patient pour quelles raisons ces tremblements sont apparus, il répond qu'il a senti monter en lui l'angoisse et que sa main droite s'est mise à trembler. Jusqu'à aujourd'hui, ce tremblement n'a jamais cessé. Ce phénomène s'explique sans doute de la manière suivante. Il est difficile de croire que ce de type traumatisme est susceptible d'engendrer l'apparition de la maladie de Parkinson. Il semble probable que la maladie était déjà présente de manière latente et que le stress n'a fait qu'accentuer, aggraver l'évolution, aboutissant à la maladie elle-même.

Les symptômes caractéristiques de cette maladie, en dehors du tremblement, sont la rigidité et ce que les neurologues appellent l'acinésie. Il s'agit de la triade parkinsonienne dans laquelle l'acinésie prend la première place contrairement à ce que longtemps on a pu croire à propos du tremblement qui était considéré comme emblématique de cette maladie.

Il faut s'arrêter un instant sur l'acinésie. Ce terme signifie priver du mouvement. Certains neurologues préfèrent utiliser celui de bradykinésie, qui signifient lenteur du mouvement et qui en fait désigne l'allongement du délai entre le moment où le patient désire effectuer son mouvement et l'exécution de celui-ci.
Physiologiquement, c'est-à-dire normalement, un mouvement, comme chacun le sait ou à pu s’en apercevoir, est fluide. Ceci est le résultat de l'action des muscles agonistes / antagonistes. Ces 2 muscles doivent fonctionner de concert. En effet, alors que le muscle agoniste effectue le mouvement, le muscle antagoniste, au même moment, doit pouvoir se relâcher. D'autre part, pour effectuer un mouvement, toujours chez une personne normale, il n'est pas nécessaire de réfléchir. Plusieurs mouvements sont possibles en même temps et la coordination de ceux-ci se fait parfaitement sans perturbation, surtout en cas d'impossibilité de concentration ou quand survient un stress par exemple.
Chez les individus parkinsoniens, il n'en est rien. Tout d'abord, les gestes sont plus rares, l’automatisme des mouvements ne se fait pas convenablement, la spontanéité des gestes non plus. Pour s'en rendre compte, il suffit de regarder le visage d'un patient atteint de maladie de Parkinson. Celui-ci est impassible, sans expression, le clignement des paupières se fait rarement (amimie).
D'autre part, pour effectuer un mouvement qui nécessite une tension et une motivation importantes, le patient dépense énormément d'énergie, ce qui conduit à une fatigue de plus en plus importante. Pour certains neurologues, il s'agit d'un véritable bégaiement de la marche car le patient piétine et marche à petits pas, les pieds traînant sur le sol, parfois restant collés.
Si on demande à un patient parkinsonien, au cours de sa marche, de modifier quelque chose, comme par exemple franchir une porte, celui-ci se fige dans une position, se bloque. Les Anglais appellent ceci le freezing (congelé). Puis, après avoir franchi un obstacle qui ne devrait pas en être un, l'individu repart mais seulement après quelques secondes d’hésitation, présentant de nouveau un piétinement et la démarche caractéristique d'un patient parkinsonien penché en avant comme s'il voulait toujours rattraper son centre de gravité. Ceci porte le nom de festination.
Le système neurovégétatif, c'est-à-dire celui qui régit l'activité des viscères et des fonctions vitales, est quelquefois perturbé à la suite de cette maladie. Les battements cardiaques, le fonctionnement du tube digestif, la sécrétion de sueur, la température du corps, la respiration, l'élimination urinaire, …. sont des fonctions automatiques ou si on préfère végétatives.
L’excès de sécrétion de salive, appelé également hypersalivation, est un des symptômes les plus fréquents survenant au cours de la maladie de Parkinson. Cette salive, qui stagne à l'intérieur de la cavité buccale, a tendance à s'écouler par une commissure labiale (c'est-à-dire un coin de la bouche). Ceci ne signifie pas que la salive est sécrétée en trop grande quantité chez ce patient, mais que les mouvements qui permettent d'avaler celle-ci (déglutition) et donc d'évacuer la salive dans le tube digestif ne sont anormaux. À l'opposé, la sécheresse de la bouche, comme cela survient entre autres au cours de la prise de certains neuroleptiques qui entraînent rappelons-le le syndrome parkinsonien, n'est pas fréquente au cours de la maladie de Parkinson, voire absente. De façon générale, on constate un ralentissement du tube digestif.
La constipation est relativement fréquente au cours de la maladie de Parkinson. Ceci semble être expliqué par l'akinésie (de a : absence et kinêsis mouvement) générale et plus spécifiquement le ralentissement des mouvements intestinaux qui favorisent normalement le transit (progression du bol alimentaire) intestinal.
L'amaigrissement est sans doute le résultat d'une alimentation insuffisante. Celui-ci survient précocement et généralement est assez important. La perte pondérale peut aller de quelques centaines de grammes à quelques kilos par mois. À ce sujet, il est nécessaire de ne pas confondre un dysfonctionnement, c'est-à-dire un mauvais fonctionnement, de la glande thyroïde susceptible d'aboutir également à un amaigrissement, avec une maladie de Parkinson.
Les difficultés urinaires qui se caractérisent par une miction, c'est-à-dire l'émission des urines, ralentie et une vidange insuffisante de la vessie ainsi que l'envie d'uriner précocement (pollakiurie), sont les autres symptômes survenant au cours de la maladie de Parkinson.
Les difficultés sexuelles liées entre autres aux carences en dopamine et associées aux troubles moteurs du patient parkinsonien sont également des symptômes qui éprouvent le patient.
Le mauvais fonctionnement de système neurovégétatif explique la survenue, chez le patient parkinsonien, de bouffées de chaleur, surtout au visage. Ceci oblige le patient, au grand désespoir de sa famille le plus souvent, à vivre la fenêtre ouverte même l'hiver.
Sur le plan cutané, on constate la survenue d'une affection portant le nom de dermite séborrhéique, qui se caractérise par une sécrétion plus importante de séborrhée associée généralement un excès de sécrétion de sueur, ce qui donne au patient parkinsonien un aspect érythémateux (peau rouge) gras et luisant. À cela s'associe généralement du prurit, c'est-à-dire une démangeaison, et des petites croûtes de couleur blanche parfois.

Quand on examine un patient atteint de la maladie de Parkinson, on constate un visage figé et inexpressif. Le patient donne l'impression de ne pas pouvoir effectuer de mimiques, comme s'il était hébété.
Le reste de l'examen met en évidence le plus souvent la présence d’œdèmes des membres inférieurs. Ceci peut s'expliquer d'une part par la stase circulatoire (insuffisance de circulation sanguine) consécutive à l'akinésie. Cette akinésie concerne aussi bien l'ensemble de l'organisme que le cœur lui-même, ce qui défavorise le retour du sang veineux. Si l'on prend soin de prendre la tension artérielle, celle-ci est basse surtout quand il passe de la position couchée la position debout (hypotension orthostatique) et susceptible d’entraîner l'apparition de vertiges voire de malaises.

Le patient parkinsonien ne souffre pas de douleurs intolérables. Néanmoins, à cause de la raideur de la nuque, des céphalées (maux de tête) apparaissent. Dans certains cas, l'ankylose la colonne vertébrale est susceptible d'engendrer l'apparition d'une symptomatologie douloureuse.

Le patient parkinsonien a-t-il des troubles cognitifs (de l'intellect) ? Non, et cela était déjà décrit par James Parkinson. Néanmoins, plus récemment ont été décrites des petites modifications psychiques très subtiles. Le patient parkinsonien se caractérise par un profil particulier. En effet, ce patient est le plus souvent très ordonné, timide mais ambitieux. Il s'agit donc de personnalité introvertie le plus souvent.
Les autres troubles psychologiques susceptibles de survenir de manière plus fréquente sont la dépression, qui s'installe en quelques semaines à n'importe quel moment de l'évolution de la maladie de Parkinson. Il est nécessaire de savoir que la dépression peut aggraver le handicap moteur. Cette dépression ressemble à n'importe qu'elle dépression et ne possède aucune spécificité particulière. Il s'agit d'une tristesse de l'humeur qui s'associe à une fatigue, une irritabilité, une anxiété, une baisse de la tension, des troubles de la concentration, du pessimisme, une insatisfaction et des ruminations (le fait de ressasser). Ce type de symptômes psychologiques relève quelquefois d'un traitement par médicaments antidépresseurs. Les patients, le plus souvent, présentent ce que l'on appelle une labilité émotionnelle. De quoi s'agit-il ? Parfois, un individu atteint de maladie de Parkinson, désirant prendre la parole, et plus particulièrement pour dire quelque chose qui l'intéresse au plus haut point, émet un rictus qui traduit une certaine douleur. Il ne s'agit pas de tristesse mais les difficultés accompagnant l'émission des émotions ressenties par le patient lui donne l’air de pleurer alors qu'il s'exprime de manière heureuse. Tout ceci est à mettre sur le compte d'une anxiété exagérée.
L'ens
mble de ces symptômes psychologiques peuvent être résumés sous le terme de bradyphrénie, ce qui désigne des difficultés neuropsychologiques et plus précisément un ralentissement du processus de la pensée, qui ne gêne pas outre mesure le patient parkinsonien.

Le sommeil a tendance à se fragmenter, ce qui se produit naturellement au cours du vieillissement chez les patients non atteints de maladie de Parkinson.

L'écriture est tremblée. Elle commence par des mots de dimension normale et finit par devenir petite (micrographie).

Le reste de l'examen du patient parkinsonien montre :
La rigidité parkinsonienne est interne : quand on étire passivement les muscles ou que l'on mobilise passivement (c'est-à-dire que l’ examinateur, le médecin entre autres, fait bouger un membre du patient atteint), on constate pendant toute la durée de l'étirement et de la mobilisation une résistance constante.
Les neurologues utilisent l'expression rigidité en tuyau de plomb. Ceci signifie que les patients présentent un caractère malléable de la raideur, ce qui est opposé à la raideur élastique comme cela se voit au cours du syndrome pyramidal qui est une autre maladie neurologique. Si on mobilise passivement le membre d'un patient atteint, on constate que la rigidité que présente le patient parkinsonien cède par à-coups successifs, ce qui donne lieu à la survenue d'un phénomène appelé roue dentée. Ce phénomène s'explique de la manière suivante. Nous savons que durant la maladie de Parkinson, les muscles antagonistes ne se relâchent pas au moment où les muscles agonistes se contractent. C'est ce phénomène qui induit celui de la roue dentée. Les spécialistes en neurologie appellent ce type de mouvement : rigidité de type extrapyramidal plastique. Cette hypertonie musculaire tend à fixer les attitudes.

Un autre phénomène peut également être mis en évidence au cours de l'examen du patient parkinsonien. Il s'explique par la tendance à la flexion qui persiste quand le patient est en décubitus, c'est-à-dire allongé. Ainsi, si on retire l'oreiller que le patient a derrière sa tête, celle-ci a tendance à tomber en arrière lentement.
On constate d'autre part une exagération des réflexes, des troubles de l'élocution portant le nom de dysarthrie, un contraste entre des yeux vifs et un visage inexpressif.
Lors de l'examen, il est possible d'effectuer le test suivant. Si l'on pousse le patient d'avant en arrière, ce qui déséquilibre celui-ci légèrement, ce mouvement qui habituellement ne fait pas soulever les orteils, s'accompagne chez le patient parkinsonien d'un phénomène de pieds collés au sol.

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