Avoir le coeur brisé par la douleur ou le chagrin n'est pas simplement une image : c'est une réalité médicale.
Le syndrome du coeur brisé (ou cardiomyopathie de stress) est une pathologie causée par un stress physique ou émotionnel intense qui peut entraîner une défaillance cardiaque aiguë parfois mortelle.

Le syndrome du coeur brisé

Une maladie qui peut être mortelle, encore trop méconnue.
Le syndrome du coeur brisé, appelé également cardiomyopathie de stress ou Tako-Tsubo, a été diagnostiqué pour la 1ère fois au Japon en 1990.
Il a été étudié entre 1998 et 2014 à l'Université de Zurich par une équipe de 26 scientifiques issus de 9 pays.

Les résultats de cette étude, qui analyse les données de 1750 patients, ont été publiés dans la revue New England Journal of Medicine. Ils révèlent que ce syndrome est à l'origine de beaucoup plus de complications médicales et de décès que ce que les médecins pensaient.
En effet, les symptômes le font souvent confondre avec un infarctus du myocarde. Or, les causes des deux pathologies sont différentes et chacune nécessite une prise en charge spécifique.

Les causes du syndrome du coeur brisé
"C'est important de comprendre ce que peut vraiment faire le stress émotionnel" (Dr Ilan Wittstein, cardiologue – Université de Baltimore).

Si dans 36% des cas, le syndrome du coeur brisé est dû à une insuffisance respiratoire aiguë ou à une intervention chirurgicale récente, dans 27,7% des cas, il est causé par un choc émotionnel (la perte d'un être cher, une rupture amoureuse, un conflit familial ou professionnel, un cambriolage, un accident de voiture, ...) souvent associé à un épuisement physique et moral.
Aucune cause n'est identifiée dans plus de 30% des cas.

Que se passe-t-il exactement ?
Lorsque nous sommes confrontés à un situation stressante, nos glandes surrénales libèrent dans le sang de l'adrénaline, ce qui a pour conséquence la contraction des vaisseaux et l'accélération du rythme cardiaque.
Lors d'un stress particulièrement intense, il peut arriver que la contraction des vaisseaux se transforme en spasmes : le coeur, qui est dès lors comme paralysé, ne peut plus évacuer le sang qui le remplit.

Qui est concerné ?
Il semble que cette pathologie touche principalement les femmes ménopausées (près de 90% des cas recensés au cours de l'étude étaient des femmes âgées en moyenne de 66,8 ans) : leurs artères, beaucoup plus sensibles aux effets du stress, sont davantage sujettes aux spasmes. De plus, le coeur d'une femme ménopausée n'est plus protégé par l'action relaxante des oestrogènes.

Quels sont les symptômes ?
"Le syndrome de Tako-Tsubo mime un infarctus du myocarde. Certains parlent d’ailleurs de faux infarctus de stress." (Pr Claire Mounier-Vehier, Présidente de la Fédération Française de Cardiologie) :

  • douleur brutale dans la poitrine (dans 75% des cas)
  • essoufflement brutal (dans près de 50% des cas)
  • arythmie
  • perte de connaissance (dans moins de 10% des cas)

Quelles différences y a-t-il entre le coeur brisé et l'infarctus du myocarde ?
L'infarctus du myocarde est causé par une obstruction, un obstacle (un caillot sanguin, ou thrombus) dans les artères coronaires qui amènent le sang jusqu'au coeur : la partie du coeur qui n'est plus irriguée, et donc ne reçoit plus d'oxygène, va rapidement se nécroser.

Le syndrome du coeur brisé est provoqué par une libération massive d'hormones du stress (catécholamines), qui empêchent le coeur de se contracter et provoquent une paralysie transitoire d'une grosse partie du coeur. Ne pouvant plus évacuer le sang, il se gonfle, se ballonne et prend la forme d'une amphore : les Japonais, qui ont été les premiers à le diagnostiquer en 1990, l'appellent Tako-Tsubo, c'est-à-dire "piège à pieuvre", nom qui évoque l'aspect caractéristique du coeur atteint de cette pathologie.

Quels examens pratiquer ?
L'IRM et l'angiographie coronaire sont les seuls examens qui permettent de différencier le syndrome du coeur brisé d'un infarctus.

Le diagnostic sera le plus souvent porté après une batterie d’examens complémentaires dont l’angio-coronarographie faite en urgence : une angio-coronarographie avec étude du ventricule gauche et une IRM cardiaque (constatant des lésions spécifiques) sont indispensables pour conforter le diagnostic de syndrome de Tako-Tsubo ( Pr Claire Mounier-Vehier).

Les antécédents identifiés
Dans 55,8% des cas, la victime souffre ou a souffert de troubles neurologiques ou psychiatriques, notamment AVC, traumatisme crânien, épilepsie.

Les conséquences
Le syndrome du coeur brisé entraîne :

  • des troubles du rythme cardiaque avec risque de mort subite (mortel dans 3,7% des cas)
  • une insuffisance cardiaque aiguë
  • la formation de caillots (due à l'inactivité cardiaque) qui, en migrant dans la circulation sanguine, peuvent provoquer des arrêts circulatoires en cascade (AVC par exemple).

Quelle prise en charge ?
La patiente (ou le patient) doit être rapidement pris en charge par une unité de soins intensifs cardiologiques. Le degré d'urgence est comparable à celui d'un infarctus.

Une fois le diagnostic posé, un traitement doit être instauré en urgence à la fois pour traiter l'atteinte cardiaque et pour prévenir les complications possibles. Il devra être poursuivi pendant plusieurs mois sous surveillance stricte du cardiologue et du médecin traitant "jusqu’à la récupération, souvent complète, de la fonction du cœur". (FFC).

Quelle prévention ?
Selon le Pr Claire Mounier-Vehier (Présidente de la Fédération Française de Cardiologie), "une femme de plus de 50 ans, ménopausée, en situation de rupture, ne doit surtout pas sous-estimer les premiers symptômes liés à un stress émotionnel aigu".
"La Fédération Française de Cardiologie rappelle qu’il est important de consulter et d’avertir son médecin, son gynécologue ou son cardiologue, les symptômes peuvent être dus au Tako-Tsubo. Ce syndrome nécessite un diagnostic rapide pour éviter des répercutions graves pour le cœur et permettre une prise en charge adaptée. L’appel du 15 est primordial comme dans l’infarctus du myocarde".

Le professeur Christian Templin, responsable de l'étude, estime que ce trouble est probablement "considérablement sous-diagnostiqué". Lui et son équipe espèrent que leur récente étude incitera les médecins à ne pas sous-estimer la gravité du syndrome du coeur brisé et à suivre de près les patients qui l'ont subi car les complications sont nombreuses.

Des recherches complémentaires devront être faites pour mieux comprendre cette pathologie et faciliter la prise en charge des patients.

Téléchargez la brochure de la Fédération Française de Cardiologie :
Je teste mon coeur en 3 minutes

Crédit photo : unhappy woman suffering from heartacheSyda Productions – Fotolia.com

Sources :
The New England Journal of Medicine

Fédération Française de cardiologie

Lire également 
Infarctus : pourquoi les femmes ont plus de risque d'en mourir
Quel âge a votre coeur ?
Stress et santé
Stress, anxiété : des conséquences terribles pour l'organisme
Stress et immunité

 

 

Suivant Les bienfaits du safran

1 commentaire pour "Le syndrome du coeur brisé"

Portrait de BR23
J'aime 0

Bonjour!
Pour vous dire j'ai eu pas mal de problèmes stressants du genre évoqué ci-dessus perte d'un être cher, conflits professionnels ,chagrin d'amour ,stress émotionnel ..ect mais ,Dieu merci je suis sain et sauf . Le remède ? il suffit de croire en Dieu tout puissant et d'avoir la foi , la bonne foi pour un monde meilleur plut^t que de se ruiner dans un monde injuste et EPHEMERE .

Commentez l'article "Le syndrome du coeur brisé"