Depuis quelques années déjà, des personnes atteintes de cancer sont traitées par immunothérapie.
Or, si ce nouveau type de traitement se révèle très efficace pour certains, il n’est d’aucune aide pour d’autres.
Pire, il peut même favoriser l’apparition de certaines maladies auto-immunes.

Des chercheurs Québécois ont trouvé l’explication.

Cancer : comprendre l’immunothérapie, et pourquoi elle ne fonctionne pas toujours

Qu’est-ce que l’immunothérapie et pourquoi permet-elle de soigner certains cancers ?

L’immunothérapie est un principe de traitement qui utilise le système immunitaire du malade pour éliminer ce qui cause la maladie.
En l’occurrence, s’agissant du cancer, l’objectif est de faire détruire les cellules cancéreuses par le système immunitaire du malade (notamment certains globules blancs appelés macrophages).
Pour cela, il faut neutraliser le système de défense des cellules cancéreuses, qui utilisent des protéines pour dire aux macrophages « ne me mange pas ».

Cette technique fonctionne très bien sur certains types de cancers, notamment sur les cancers du sang.

Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas sur tous les cancers ?

Certaines cellules cancéreuses parviennent cependant à échapper aux « soldats » de l’organisme. Pourquoi le système immunitaire ne les détruit-il pas alors que leur système de défense a été neutralisé ?

Le Dr Veillette et son équipe de l’Institut de Recherches Cliniques de Montréal (IRCM) ont trouvé la réponse. Ils ont découvert, à la surface de certaines cellules cancéreuses, une molécule appelée SLAMF7 (Signaling Lymphocytic Activation Molecule : molécule qui active les lymphocytes) et qui agirait comme un signal permettant aux globules blancs du système immunitaire de les identifier en tant qu’« ennemis » et de les détruire. Comme si elles envoyaient aux macrophages le message « mange-moi ! ».

Ainsi donc, pour que l’immunothérapie fonctionne de manière optimale, il ne suffit pas que les cellules cancéreuses cessent d’envoyer le message « ne me mange pas », mais il faut qu’elles envoient aussi le message « mange-moi ».

Quels sont les risques de l’immunothérapie ?

Si les globules blancs n’identifient pas les cellules cancéreuses comme des ennemis à détruire, ils feront quand même leur travail de destruction en s’attaquant parfois à des cellules saines : c’est ce qu’on appelle une maladie auto-immune, c’est-à-dire que le système immunitaire du malade s’attaque à son propre organisme.

Comment sélectionner les malades qui ont une chance d’avoir de bons résultats grâce à l’immunothérapie ?

Le Dr Veillette considère qu’il faut s’assurer de la présence de la molécule SLAMF7 à la surface des cellules cancéreuses avant de démarrer un traitement par immunothérapie.
Cette molécule, malheureusement absente de beaucoup de tumeurs cancéreuses, se trouve essentiellement dans les cancers du sang.
Un prélèvement de cellules cancéreuses permet de s’assurer de la présence de SLAMF7.
Si elle est absente, il serait préférable de traiter le patient par chimiothérapie ou radiothérapie.
«Ça permettrait de sauver de l’argent et de sauver des vies, parce que tu [t’assures que] tu ne tues pas ton patient avec le médicament» explique le Dr Veillette.

Pourra-t-on un jour soigner tous les cancers par immunothérapie ?

Les chercheurs n’excluent pas de découvrir comment provoquer l’apparition de la molécule SLAMF7 sur les cellules cancéreuses qui ne la possèdent pas.

Source : SLAMF7 is critical for pahgocytosis of haematopoietic tumour cells via Mac-1 integrin - Nature.com

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Crédit photo : Human body with cancer cells spreading and growing through the body via red blood as malignant cells due to environmental carcinogens and genetic tumors and cell damage - Lightspring - Shutterstock.com

 

 

 

 

 

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