C'est aujourd'hui, 2 avril 2014, la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme.
​L'occasion de faire le point sur les dernières découvertes concernant cette maladie.

Autisme : les dernières découvertes

L'autisme reste une maladie encore mal cernée, et les scientifiques poursuivent leurs recherches pour en trouver la cause et, qui sait, peut-être la soigner un jour.
Une nouvelle étude permet de mieux comprendre en quoi le cerveau d'une personne autiste diffère de celui d'une personne qui ne l'est pas.

Des chercheurs de l'Université de Californie ont analysé des échantillons de tissu cérébral prélevé post-mortem sur 11 enfants autistes âgés de 2 à 15 ans au moment du décès. Ils ont comparé cette analyse à celle d'un groupe témoin d'enfants non autistes.
Précisément, les médecins ont analysé 25 gènes qui sont des biomarqueurs pour certaines cellules formant les différents couches du cortex. Ces gènes étaient absents dans 91% des cerveaux des enfants autistes, contre 9% des cerveaux des enfants du groupe-témoin.

Les scientifiques ont découvert des signes de désorganisation des cellules cérébrales, sous forme de  taches de 5 à 7 mm de longueur, disséminées dans le lobe frontal et dans le lobe temporal. C'est dans ces zones du cerveau que se trouve le siège des émotions, de la communication, du langage et des fonctions sociales, autant de domaines qui dysfonctionnent chez les autistes.

Le Dr Eric Courchesne, directeur de l'Autism Center of Excellence à l'Université de Californie à San Diegon et principal co-auteur de cette recherche, explique que "le développement du cerveau d'un foetus pendant la grossesse comprend la création d'un cortex - ou écorce cérébrale - formé de six couches distinctes de neurones. Nous avons découvert, par endroits seulement, des anomalies dans le développement de ces couches corticales chez la majorité des enfants autistes".

Pour le Dr Thomas Insel, directeur de l'Institut américain de la santé mentale (NIMH), si cette étude est confirmée par d'autres recherches, "on pourra en déduire que cela reflète un processus qui se produit longtemps avant la naissance".

On pourrait dès lors détecter cette affection très tôt pendant la grossesse.

Le Dr Courchesne considère que cette découverte "a le potentiel non seulement d'identifier quand et où ces anomalies se développent mais aussi leur cause, ouvrant peut-être la voie à une détection beaucoup plus précoce de l'autisme".
Elle ouvre l'espoir d'un traitement : puisque les zones de désorganisation cellulaire sont clairsemées et ne concernent que certaines couches du cortex, il est imaginable de reconstituer les réseaux de cellules défectueux à partir de tissus cérébraux sains.

Ce neurologue émet l'hypothèse que la cause sous-jacente à la désorganisation cellulaire de certaines zones du cortex est un dysfonctionnement de certains des gènes qui contrôlent la fabrication des cellules du cerveau et la formation de 6 couches constituant le cortex. Il avait récemment identifié dans le cerveau préfrontal des autistes un excès de neurones de 67% par rapport aux enfants qui ne sont pas autistes.

Cette étude vient donc conforter l'approche biologique de l'autisme.
Pendant de longues années, l'autisme a été considéré comme une maladie aux origines psychologiques, et les parents souvent accusés d'avoir provoqué ce trouble chez leur enfant autiste.

L'autisme est un mot qui recouvre des réalités très variées : si vous n'avez pas encore eu l'occasion de le voir, découvrez sans tarder l'extraordinaire documentaire "Le cerveau d'Hugo" qui explique mieux que de longs discours ce qu'est l'autisme d'Asperger :

 

Pour en savoir plus, consultez le site de la Fondation Autisme : agir et vivre

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